Edito

Si vous aimez le Reims branchouille et un peu sélect, le Reims confidentiel mais pas trop, le Reims à l’écart des grands lieux de passage et des galeries commerciales. Si vous aimez goûter les premiers rayons de soleil place du Forum avec un café et un bouquin, tester ce nouveau vin déniché par votre ami le caviste curieux, si vous adorez faire du cabotage entre les boutiques de fringues et que vous êtes obnubilé par la quête d’un petit meuble usé juste comme il faut pour votre chambre, alors ce magazine est pour vous…

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Culture Archives - Instant Rémois
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DANS LES COULISSES DE L’OPÉRA

IMAGINÉ EN 1866 PAR L'ARCHITECTE RÉMOIS ALPHONSE GOSSET, L'OPÉRA DE REIMS EST INAUGURÉ SEPT ANS PLUS TARD. MEURTRI PAR LA PREMIÈRE GUERRE, QUI NE LAISSE DEBOUT QUE SA FAÇADE, IL REPREND VIE EN 1931 APRÈS UNE INCROYABLE RESTAURATION. SUR LA SCÈNE DE CE JOYAU DE L'ART DÉCO, PROPRIÉTÉ DE LA VILLE, SE SUCCÈDENT, DEPUIS, OPÉRAS, BALLETS, ET AUTRES SPECTACLES MAIS QUE SE CACHE-T-IL DERRIÈRE LE RIDEAU ?   L'envers du décor Après une petite contorsion et un passage sous la pluie, nous voici dans le saint des saints : l'atelier de construction de décors. Eric Gay est à l'oeuvre ce jour-là sur le cadre du miroir d'Alice au Pays des merveilles, spectacle programmé en début de saison l'an prochain. Travail du bois, peinture trompe-l'oeil, effets de matières… l'assistant décorateur-menuisier rivalise d'ingéniosité pour plonger les spectateurs dans un autre monde, celui imaginé par les metteurs en scène et scénographes. Croquis et maquettes en main, il étudie la faisabilité et le coût, avant de se lancer, tel un "MacGyver", dans la réalisation. "Il faut être astucieux, concevoir des montages et démontages rapides, mais c'est ce qu'on aime !" confie celui qui arpente le plateau depuis 15 ans avec son chef d'atelier, Yves Deforge, le pro du métal et de la mécanique.   De fil en aiguille Notre cheminement se poursuit au sous-sol de l'Opéra. Un long couloir, puis une petite porte. Bienvenue dans l'antre de Frédéric Renois. Voilà 20 ans que cette figure incontournable du théâtre, rafraîchit, repasse, et rafistole les costumes. Entre table à repasser et dé à coudre, il magnifie les panoplies, les retouche, et aide les comédiens à les enfiler, dans leur loge, mais aussi en coulisses, parfois. "Pour le ballet Roméo et Juliette, c'est 24 danseurs. Donc au moins 24 costumes, avec changements de plateaux !", lâche Frédéric, ravi de pouvoir, à quelques occasions - celles des créations propres de l'Opéra -, délaisser l'habillage pour renfiler son costume de couturier, celui qui lui sied le mieux…     Ça penche… Le saviez-vous ? Le plateau est incliné de 4 % pour améliorer la visibilité des spectateurs et l'acoustique. Pas toujours simple pour les artistes de s'y faire… Alors pour prendre leurs marques, ils peuvent rejoindre les combles, sous la coupole, où se cachent le petit théâtre et sa scène, copie conforme de celle de l'Opéra. Au sol, une trappe, seul et unique accès au majestueux bouclier lumineux de 7,5 m de diamètre en fer forgé et verre coloré signé Edgar Brandt, visible depuis la grande salle. Heureusement, le remplacement des ampoules (aujourd'hui, des néons) n'est pas chose fréquente… Et si on montait sur scène...

ARMELLE BLARY… DE FIL EN AIGUILLE

23 La plasticienne à l'univers poétique a passé son enfance à arpenter les chemins de craie de notre terre champenoise. Chevauchant son vélo, la petite fille découvre le monde dans un perpétuel ravissement et perçoit en chaque chose de la nature un mouvement et une énergie. Une prédisposition à la poésie, à contrebalancer le négatif, présente aujourd'hui encore dans ses oeuvres. Après de longues études littéraires, Armelle Blary, influencée par des artistes tels que la plasticienne et sculptrice Louise Bourgeois, le poète latin Ovide ou l’écrivain Marcel Proust, débute son cheminement artistique par la peinture mais s'oriente très vite vers la couture. Les chutes de toile tombées entre ses mains, Armelle Blary aime à les façonner, les réunir et les coudre jusqu'à leur donner un volume et en faire des poupées. Elle a trouvé sa matière : le textile, son outil : l'aiguille. Très vite, elle expose et de cette opportunité nait une carrière qui grandit depuis près de 20 ans. Pourquoi rester à Reims ? Armelle Blary ne s'est jamais posé la question. Elle aime cette ville, les paysages champenois tout autant que ceux du Nord, puis elle a la chance de voyager beaucoup… dans sa tête et pour son art. Elle collabore avec d’autres figures rémoises telles que les photographes Benoit Pelletier et Alain Hatat, ce dernier la soutient depuis le début de sa carrière, ou encore l’artiste sonore Nicolas Canot à qui elle fait appel pour son exposition Motilus en 2017. Armelle apprécie la diversité de l’offre culturelle rémoise et la convivialité des lieux comme le Manège doté d’un restaurant La Verrière tenu par Willy Zorn dont elle souligne l’excellente proposition culinaire.   À l’occasion de son exposition monographique « Partir » à la Manufacture de Roubaix du 14 avril au 17 juin 2018, Armelle Blary dévoilera un ensemble inédit de sculptures nées d’une conversation plastique avec l’oeuvre de Camille Claudel, conversation qui puise son origine dans une rencontre, voici près de trente ans, avec Marie-Victoire Nantet, petite-nièce de Camille. La Clotho constitue le point de départ de cet échange d’artiste à artiste sur des thèmes et questionnements esthétiques communs. Au fil des années, ce rapprochement a permis la création d’une collection spécifique où la figure, le corps et le matériau fibre occupent une place essentielle. Créées entre 2014 et 2018, ces pièces sont présentées à la Manufacture en vis-à-vis de deux oeuvres issues de la collection du musée La Piscine : Torse de femme accroupie et Etude pour l’Implorante. Cette exposition sera visible à Reims en fin d’année avec le soutien du SUAC et du Musée des Beaux-arts de Reims.   ...

LA BIBLIOTHÈQUE CARNEGIE

PAS BESOIN DE MONTRER PATTE BLANCHE POUR ENTRER À LA BIBLIOTHÈQUE CARNEGIE, ET ENCORE MOINS D’ÊTRE UN RAT DE BIBLIOTHÈQUE. L’IMPOSANT BÂTIMENT ABRITE BIEN DES LIVRES, Y COMPRIS DES COLLECTIONS TRÈS PRÉCIEUSES, MAIS C’EST AUSSI ET SURTOUT UN CHEF-D’OEUVRE ART DÉCO, À VISITER ABSOLUMENT. Pour les Rémois, Carnegie est une bibliothèque. Un bâtiment imposant, à l’ombre de la Cathédrale, dans lequel on ose à peine entrer tellement c’est beau. Pour le monde entier, Carnegie, de son petit nom Andrew, est un magnat américain philanthrope. Au lendemain de la Grande Guerre, il décide d’offrir une aide providentielle aux villes les plus ravagées par le conflit. Son objectif ? Promouvoir l’accès à la connaissance par la construction d’une bibliothèque. En France, c’est Reims qu’il choisit. La construction de la Bibliothèque est confiée à l’architecte Max Sainsaulieu en 1920. Son projet, au départ assez classique, évolue rapidement vers un projet novateur de style Art Déco. Il fait appel aux figures incontournables des arts décoratifs, dont le maître verrier rémois Jacques Simon. Et le résultat est exceptionnel. Si comme moi, vous aimez l’Art Déco, vous serez servis. Le hall d’entrée de Carnegie, avec son incroyable lustre et sa coupole peinte, annonce la couleur. Matières précieuses au sol et sur les murs (marbre vert, onyx blanc, bois nobles), verrière et baies vitrées stylisées, mobilier sur mesure, tout a été rénové en 2005 dans le plus pur style Art Déco. Seule exception à la règle : les luminaires, signés Philippe Starck ! Un dernier conseil d’amie : le samedi, si l’envie vous prend de profiter de la salle de lecture (qu’on croirait tout droit sortie d’un film), mieux vaut venir dès l’ouverture. Les places y sont chères ! Le trésor de la Bibliothèque… … n’existe pas ! Sabine Maffre, conservateur de la Bibliothèque Carnegie, nous le confirme : « Une bouteille de champagne remplie de pièces françaises et américaines a été déposée sous la première pierre de l’édifice. Mais notre vrai trésor, ce sont les collections qu’il renferme dans un cadre Art Déco unique ! »...

LES COUPS DE COEUR DE JOACHIM DE LA LIBRAIRIE LA PROCURE

Le printemps approche et avec lui son flot de livres sur le jardinage et… d’ouvrages politiques ! En effet, à chaque rendez-vous électoral, le monde de l’édition voit ses publications exploser. Mais si les livres politiques vont très vite recouvrir les tables des libraires, ils sont souvent inversement proportionnés à l’intérêt des clients qui ne s’y précipitent guère. Qu’importe ! Des romans grandioses continuent de jaillir au milieu des 400 nouveautés hebdomadaires, et parmi ceux-là voici une petite sélection qui frise la gourmandise… LES PECHEURS D’ETOILES de Jean-Paul Delfino (éditions Le Passage - 18 €) Nous sommes dans le Paris des années 20. Au Chien qui Fume, un manchot voit un petit monsieur malingre s’installer à sa table. Le manchot, c’est Blaise Cendrars ; le petit homme malingre c’est Erik Satie ! Satie est furieux. Cocteau lui a volé son opéra. Il faut aller lui casser la figure ! S’en suit une balade nocturne jubilatoire dans le Paris sombre éclairé des vieux réverbères, et attention au voyage : ils vont nous emmener à la Closerie des Lilas, ils vont se perdre à l’Opéra Garnier, ils vont visiter Apollinaire au Père Lachaise, ils vont se souvenir de la Ferme Navarin, et ils vont nous faire croiser une galerie démentielle : Cocteau, Chagall, Modigliani, Chaplin, et tant d’autres ! Le tout avec un humour délicieux et une plume qui régale les papilles des yeux ! Un vrai bonheur jubilatoire ! MAJESTIC MURDER de Armelle Carbonel (éditions Fleurs Sauvage - 18 €) Parce qu’être librairie, c’est aussi farfouiller ici et là en quête de petits éditeurs qui n’ont pas les moyens de faire connaître leurs livres, voici un polar dément et unique qui mérite qu’on s’y arrête ! Un scénario incroyable, une écriture grandiose, un style unique, une histoire improbable, voilà les ingrédients qui plongent ce roman fou dans une sorte d’ambiance à la « Rocky Horror Picture Show ». Un théatre qui sent le sang et la poussière, une troupe de comédiens inquiétants, une pièce maudite et au milieu de ce capharnaüm deux paumés qui espèrent gagner quelques sous en tenant deux petits rôles… L’auteur nous malmène, nous perd, nous secoue mais ne nous lâche jamais jusqu’au final ébouriffant qui nous fait dire : je n’ai jamais lu un thriller pareil !   CE QUE TIENT TA MAIN DROITE T’APPARTIENT de Pascal Manoukian (éditions Don Quichotte - 18,90 €) Quel coup de poing magistral ! Si Yasmina Khadra écrivait sur le drame Syrien, il nous offrirait ce livre extraordinaire ! C’est l’histoire d’un attentat, d’un homme foudroyé par le drame, d’un homme qui va survivre en s’accrochant à la vengeance, un homme qui va remonter la piste des terroristes avec l’idée folle d’aller jusqu’au bout...

VELOURS, l’association qui caresse de grands rêves pour Reims

« NOUS AVONS LA CONVICTION TRÈS FORTE QUE REIMS A BEAUCOUP DE POTENTIEL. ET CE NE SONT PAS DES PAROLES EN L’AIR ! » Comme le chat qui représente Velours, Arnaud Bassery bondit d’une idée à l’autre lorsqu’il raconte l’histoire de l’association qu’il a co-fondée avec Thibaud Rolland : « On a commencé en 2009 avec notre groupe de musique Meltin’Pot, et puis on a eu besoin d’un cadre administratif pour organiser des concerts, notamment, alors on a créé Velours ». Le duo devient rapidement moteur d’un groupe de jeunes talents, fédérant de nombreuses compétences techniques, organisationnelles ou artistiques. Leur objectif ? Mettre la culture au centre de leurs actions pour créer une dynamique sur le territoire. Faire bouger Reims Faire bouger Reims Un territoire qui les inspire et qu’ils s’attachent à faire bouger via leurs différents projets : événements (Boom Bap Festival, Noces Félines, etc.), actions culturelles auprès de jeunes en difficultés ou de maisons de retraite, ou encore gestion de projets artistiques pour aider les artistes à fort potentiel à se faire connaître (IEMZA ou Charles Neubach). « L’idée, c’est de mailler le territoire, de créer du lien entre les réseaux, de ‘‘coudre’’ un peu tout ça », nous explique Arnaud Bassery. « Nous avons la conviction très forte que Reims a beaucoup de potentiel. Et ce ne sont pas des paroles en l’air ! ». Marquer les esprits Mais tout comme le velours est « doux et rugueux à la fois », l’association veut surprendre les Rémois : « Avec Velours, on veut casser les codes, étonner pour créer des dynamiques très courtes, éphémères, ou au contraire plus longues ». Pour faire écho au Reims Hip Hop Festival, dont elle a repris l’organisation en 2012, l’association a souhaité créer un autre événement marquant dédié aux cultures urbaines, « plus feutré, plus classieux, plus velours ». Toujours avec l’envie de faire se rencontrer les talents, l’association imagine Les Noces Félines en 2012. « La transversalité est essentielle, c’est la base du projet Velours, et Les Noces Félines en sont un bel exemple ». À l’image d’une jeunesse « qui a besoin de repère », les créateurs de Velours ont à coeur d’apporter un souffle nouveau à Reims, d’écrire leur propre histoire, et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est réussi ! PAR PAULINE...